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Des besoins croissants en expertise civile

Des besoins croissants en expertise civile

Les opérations de paix actuelles sont de plus en plus multidimensionnelles et imposent un recours accru à des experts civils pour mettre en œuvre des actions dans de nombreux domaines: affaires civiles ; processus électoraux ; justice ; droits de l’homme, désarmement-démobilisation-réintégration (DDR), notamment. Cependant, la plupart des organisations internationales, y compris l'ONU, déplorent la difficulté récurrente à mobiliser l’expertise civile dont elles ont besoin au sein de leurs opérations déployées sur le terrain.

Face à cette situation, le Conseil de sécurité dans la déclaration du 20 mai 2008 a appelé « le Secrétaire général, la Commission de consolidation de la paix, les organisations internationales et régionales et les États Membres à réfléchir aux moyens d’appuyer les efforts consentis par les pays touchés pour parvenir plus rapidement et de manière plus efficace à une paix durable, notamment pour ce qui est de la coordination, des capacités de déploiement civil et du financement ».

En réponse à cette demande, le Secrétaire général de l’ONU, dans son rapport de 2009 sur la "Consolidation de la paix au lendemain des conflits" a identifié cinq secteurs prioritaires pour lesquels les besoins en expertise civile sont patents : la sûreté et de la sécurité de base ; les processus politiques ouverts ; les fonctions essentielles de l'Etat ; les services essentiels ; la remise sur pied de l’économie. Il a par ailleurs recommandé de « procéder à un examen afin d’analyser comment l’Organisation des Nations unies et la communauté internationale peuvent contribuer à élargir et approfondir la réserve d’experts civils pour appuyer les besoins immédiats de développement des capacités des pays sortant d’un conflit ».

Il a nommé à cette fin un groupe consultatif de haut-niveau dirigé par l’ancien Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie Guéhenno, qui a rendu en 2011 son "Rapport indépendant sur les moyens civils à la hauteur des situations postconflictuelles". Pour remédier aux difficultés de mobilisation constatées, le Groupe a établi une cartographie des capacités mobilisables à tout moment par les Nations unies et leurs partenaires, autour des cinq domaines identifiés par le Secrétaire général. Il a en outre émis plusieurs recommandations, dont la création au sein du Secrétariat de l’ONU d’une cellule chargée des partenariats civils afin de faciliter la mise à disposition d’expertise civile au sein des opérations de paix.

Cette cellule CIVCAP (Civilian capacities) a été lancée en 2011 ; elle gère depuis 2012 la plateforme CAPMATCH, qui a pour vocation de mettre en relation les offres et demandes d’expertise civile au sein des opérations de paix.